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Les chansons de Ludovic - Orelsan

(Re)découvrez l'originalité de la chanson française et francophone !

Ludovic Gourvennec est professeur de français langue maternelle, seconde et étrangère, formateur et conseiller pédagogique. Titulaire d’une thèse de doctorat consacrée à l’utilisation de la chanson en classe et publiée chez Hachette (Paroles et musiques, le français par la chanson), il adore cette chanson d’hier et d’aujourd’hui, en parler, en jouer, la faire vivre en classe, la faire découvrir dans le monde, cette chanson diverse qu’on écoute, qu’on reprend, qu’on découvre et qu’on partage en héritage.

Ludovic Gourvennec

Orelsan, rappeur originaire de Caen (il s’appelle d’ailleurs Aurélien Cotentin, ce qui ne s’invente pas), constitue probablement un des artistes français actuels les plus populaires, dont les sorties d’albums sont attendues, dont les concerts sont méga complets (plusieurs soirées d’affilée dans des zéniths monstrueux) et dont beaucoup de chansons deviennent emblématiques. Oscillant, comme beaucoup d’autres artistes, entre le rap initial et les productions mainstream plus fréquentes, il s’avère être un artiste qui se trouve, en 2026, à la croisée des chemins, entre l’adolescence dont il se revendique encore un peu et la maturité dont il s’approche et qu’il va devoir assumer. Imprégné de culture japonaise (via les mangas) et de culture rap, engagé dans le cinéma et les séries (dont la top série de Canal+ « Bloqués » avec son pote Gringe), OrelSan a produit 6 albums, au sein desquels figurent des chansons autobiographiques mais également des morceaux plus politiques, voire polémiques. En voici quelques-uns. 

« La terre est ronde » (2011) : sur l’album Le chant des sirènes figure cette chanson très connue qui marque le début de son succès. Il s’agit d’un titre assez emblématique de la culture rap/pop des années 2010-2020, qui définit une sorte de philosophie fataliste (dans le fond en quelque sorte, elle se situe dans l’esprit de ce que Voltaire exprime dans la fin de Candide à propos du jardin à cultiver) en partie rendue par la ligne mélodique lancinante.

« Tout va bien » (2017) : chanson intéressante dans la forme du clip (que j’ai utilisé en classe) sur l’illusion et sur le faux discours que peut produire un adulte pour faire croire à un enfant que des choses affreuses qui se passent sont en réalité des contes.

« La pluie » (2017) : sur cet album très réussi (La fête est finie), on trouve cette chanson écrite avec Stromae. Quand la météo (il pleut ou il fait beau ?) devient une métaphore de l’existence. 

« L’odeur de l’essence » (2021) : l’album Civilisation s’avère plus centré sur des préoccupations d’ordre politique (avec notamment la chanson « Manifeste », plongée de près de 8 minutes dans une manifestation des gilets jaunes). On y trouve également ce clip d’actualité qui balaie largement beaucoup des problèmes de la société moderne, notamment française, mais sans doute davantage avec une approche critique qu’avec des solutions...

« Jours meilleurs » (2021) : la chanson devient ici l’expression du soutien des amis ou de la famille dans les situations compliquées que peuvent vivre les gens (comme dans « Poupée russe » (2021) de Lujipeka).

« Le pacte » (2025) : l’album La fuite en avant a coïncidé avec la sortie du film « Yoroï », d’inspiration japonaise et manga. On trouve sur cet album cette chanson qui place en perspective le succès, la rançon de la gloire, et la route parcourue depuis les garages des répétitions aux méga-scènes des tournées, le fait d’être très connu et de ne plus avoir de vie privée.