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Les chansons de Ludovic - Clarika

(Re)découvrez l'originalité de la chanson française et francophone !

Ludovic Gourvennec est professeur de français langue maternelle, seconde et étrangère, formateur et conseiller pédagogique. Titulaire d’une thèse de doctorat consacrée à l’utilisation de la chanson en classe et publiée chez Hachette (Paroles et musiques, le français par la chanson), il adore cette chanson d’hier et d’aujourd’hui, en parler, en jouer, la faire vivre en classe, la faire découvrir dans le monde, cette chanson diverse qu’on écoute, qu’on reprend, qu’on découvre et qu’on partage en héritage.

Ludovic Gourvennec

Clarika fête en 2026 ses 30 ans de carrière et c’est l’occasion de redécouvrir le talent de cette artiste pas si connue, qui, à l’instar d’Emily Loizeau, de Barbara Carlotti, d’Emilie Simon, de Keren Ann, de Clara Isé ou de Françoiz Breut par exemple, a développé, au fil de 9 albums, une œuvre personnelle et singulière. Dans des textes toujours bien écrits (avec Jean-Jacques Nyssen jusqu’en 2016), elle aborde des thèmes larges, des relations amoureuses (« Je ne te dirai pas » ou « La vie sans toi » en 2016, « Ne me demande pas » (2005) sur le mariage) ou amicales (« Salut Luc » de 2024 qui répond au « Avec Luc » de 1996) aux petites choses de l’existence, parfois drôles (« les garçons dans les vestiaires » (2001) ou « Les patineurs » (2005)), des faits historiques tragiques (« Ce jour-là » (2024) sur les événements du 17 octobre 1961 à Paris en pleine guerre d’Algérie) aux sujets sociétaux (arrêter la cigarette dans « Adieu salope » 2024). Soucieuse de produire des mélodies agréables, elle propose des arrangements variés, parfois minimalistes, parfois rock, parfois jazz et parfois légèrement électro. Sa longue carrière l’a amenée également à croiser les routes artistiques des figures notables de la chanson francophone avec qui elle a collaboré (Michel Jonasz, Pierre Lapointe, Alexis HK ou Bernard Lavilliers par exemple, ou encore l’excellent Florent Marchet qui a participé à la production de deux de ses albums). Mais c’est sans doute sur scène qu’elle semble trouver un environnement idéal : sa dernière tournée propose un condensé de toute son œuvre (je l’ai vue en Bretagne en janvier 2026), panel de chansons diverses (et de belles reprises, dont l’hymne anarchiste de Trust, « Antisocial » (1980), ou Françoise Hardy), 3 excellents musiciens multi-instrumentistes, très bon dynamisme et une bonne dose d’humour attachante. 

« Beau comme garçon » (1996) : on est à la fin du XXè siècle (le mouvement #Metoo n’est pas encore né) et Clarika compose cette chanson impertinente dans laquelle elle proclame tout en douceur et en sourire « T’es beau comme garçon / Mais y a tant d’air dans ta tête / Qu’on peut y faire de l’avion / la la la la ». 

« Joker » (2005) : chanson très maîtrisée textuellement et rythmiquement. Quand elle s’interroge avec humour et jeu de mots (sur les jeux de cartes comme MC Solaar dans « Caroline ») sur quel sera le profil idéal de l’homme de sa vie. / Version ici en live : 

« Même pas peur » (2019) : composé à peu près au tournant de la cinquantaine, ce morceau très réussi annonce que la suite de vie sera belle, militante, motivante, collective et partagée avec les autres. C’est brillant !

« Ce soir je sors » (2024) : cette chanson ouvre l’album « Danse encore » et affirme un certain besoin de (re)trouver un sens à l’existence, l’envie de profiter de la vie, de dépasser les limites, de passer des soirées comme avant, parenthèses enchantées – au risque de rentrer seul.e… (« Et si demain tout est fini, j’m’en fous, ce soir, je suis en vie »).

« Manquer à quelqu’un quelque part » (2024) : chanson profondément nostalgique, comme ce que peuvent véhiculer les images d’archives du clip et les mots du texte, entre désir et regret.