Thomas Fersen arpente depuis 1992 les routes de France et d’ailleurs, la poésie en bandoulière et l’humour bien ancré dans sa besace. C’est un chanteur discret mais précieux, qui a su s’inscrire dans la lignée des grand.es artistes à texte de la chanson française, privilégiant une œuvre authentique et personnelle au bling-bling de la télévision ou des médias. Assez vite produit par le label Tôt Ou Tard, il a beaucoup d’affinités avec des artistes jaillis au mitan des années 1990 ou légèrement après, et aux exigences artistiques et esthétiques identiques (Vincent Delerm ou Dominique A, par exemple). Ses textes ont très souvent une tonalité narrative (il aime bien raconter des histoires) ou descriptive (le portrait constitue le principe de beaucoup de ses titres), toujours dans une langue à la recherche formelle et poétique très élaborée, avec un second degré léger et un décalage humoristique venant contrebalancer certains éléments dramatiques. Thomas Fersen, avec sa voix un peu cassée très identifiable, est en quelque sorte le représentant actuel d’une chanson un peu à l’ancienne où la tendresse et la sensibilité l’emportent toujours sur les effets artificiels, notamment grâce à l’usage d’instruments apaisants comme le piano, les cordes, les percussions douces ou la clarinette. Sur scène, on retrouve ce côté décalé et poétique : lors d’un concert de la tournée d’octobre 2025, accompagné seulement de trois percussionnistes, il récitait entre chaque chanson des textes très drôles et ciselés dans une langue très littéraire.
« Louise » (1995) : subtile chanson métaphorique où les lèvres de l’être aimée sont presque personnifiées, devenant une obsession, dans une ambiance jazz rendue par le piano.

