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Les chansons de Ludovic - Thomas Fersen

(Re)découvrez l'originalité de la chanson française et francophone !

Je suis professeur de français et j'ai effectué l'essentiel de ma carrière à l'étranger. Je suis actuellement en poste dans le réseau des Écoles européennes. J'ai soutenu une thèse de doctorat consacrée à la chanson.

Pour vous aider à exploiter mes chansons en classe, n'hésitez pas à feuilleter mon article tiré de la revue de l'Association belge des professeurs de français "Vivre le français" : "Classe de FLE : 20 activités pour exploiter une chanson"

Ludovic Gourvennec

Thomas Fersen arpente depuis 1992 les routes de France et d’ailleurs, la poésie en bandoulière et l’humour bien ancré dans sa besace. C’est un chanteur discret mais précieux, qui a su s’inscrire dans la lignée des grand.es artistes à texte de la chanson française, privilégiant une œuvre authentique et personnelle au bling-bling de la télévision ou des médias. Assez vite produit par le label Tôt Ou Tard, il a beaucoup d’affinités avec des artistes jaillis au mitan des années 1990 ou légèrement après, et aux exigences artistiques et esthétiques identiques (Vincent Delerm ou Dominique A, par exemple). Ses textes ont très souvent une tonalité narrative (il aime bien raconter des histoires) ou descriptive (le portrait constitue le principe de beaucoup de ses titres), toujours dans une langue à la recherche formelle et poétique très élaborée, avec un second degré léger et un décalage humoristique venant contrebalancer certains éléments dramatiques. Thomas Fersen, avec sa voix un peu cassée très identifiable, est en quelque sorte le représentant actuel d’une chanson un peu à l’ancienne où la tendresse et la sensibilité l’emportent toujours sur les effets artificiels, notamment grâce à l’usage d’instruments apaisants comme le piano, les cordes, les percussions douces ou la clarinette. Sur scène, on retrouve ce côté décalé et poétique : lors d’un concert de la tournée d’octobre 2025, accompagné seulement de trois percussionnistes, il récitait entre chaque chanson des textes très drôles et ciselés dans une langue très littéraire.

« Louise » (1995) : subtile chanson métaphorique où les lèvres de l’être aimée sont presque personnifiées, devenant une obsession, dans une ambiance jazz rendue par le piano.

« Dugenou » (1999) : (auto)portrait drôle et touchant de l’homme ordinaire à l’enfance douloureuse de celui qui était gringalet et incapable de séduire mais trouvait dans ses rêves le réconfort de la réussite. 

« La chauve-souris » (1999) : dans la tradition des chansons au texte un peu surréaliste (type « le soleil a rendez-vous avec la lune » de Charles Trenet), voici la relation improbable entre un animal et un objet, relatée sur un rythme entraînant, presque tzigane.

« Deux pieds » (2003) : sa chanson sans doute la plus connue, qui a bénéficié d’un clip très réussi (réalisé en capture motion) où le protagoniste un peu lunaire et adolescent attardé est représenté, de façon décalée et autodérisoire, par Thomas Fersen lui-même. J’ai beaucoup utilisé ce clip en classe. :) 

« Hyacinthe » (2005) : nouveau portrait d’une brute attachante (un peu dans le genre de « Pierrot la tendresse » (1960) de Guy Béart), ici aussi dans un clip animé. 

« Parfois au clair de lune » (2011) : très belle complainte du fugitif poète pour qui la vie n’est pas si compliquée, dormir pas si banal et la nature un hospice pas si désagréable. 

« Blasé » (2025) : sur un doux rythme de percussions et typiquement dans l’esprit décalé, voici un manifeste de la lassitude (devant un film ou en mangeant à table), peut-être due au temps qui passe, mais le clip présente les deux faces du même personnage (jeune et âgé).