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Les chansons de Ludovic - Emily Loizeau

(Re)découvrez l'originalité de la chanson française et francophone !

Je suis professeur de français et j'ai effectué l'essentiel de ma carrière à l'étranger. Je suis actuellement en poste dans le réseau des Écoles européennes. J'ai soutenu une thèse de doctorat consacrée à la chanson.

Pour vous aider à exploiter mes chansons en classe, n'hésitez pas à feuilleter mon article tiré de la revue de l'Association belge des professeurs de français "Vivre le français" : "Classe de FLE : 20 activités pour exploiter une chanson"

Ludovic Gourvennec

Dans la rubrique des artistes talentueux.euses et assez discrètes, comme Françoiz Breut, Barbara Carlotti, Clio ou Clarika, voici aujourd’hui Emily Loizeau. C’est une chanteuse franco-anglaise vraiment touchante (son papa est français et sa maman anglaise), qui passe donc facilement d’une langue à l’autre, pianiste accomplie qui a su s’entourer de musiciens compétents, et qui diffuse ses morceaux poétiques avec une voix très particulière, comme un peu cassée ou contenant une fêlure. On peut aussi l’associer à toute une série d’artistes français (une famille esthétique pourrait-on dire) incluant les Dionysos (et La mécanique du cœur de Mathias Malzieu), Thomas Fersen, Olivia Ruiz, Danyel Waro, Jeanne Cherhal, Camille ou Clarika. Artiste fondamentalement impliquée dans son époque, Emily Loizeau traite dans ses textes de problématiques actuelles, des crises sanitaires récentes aux enjeux environnementaux, des affres de l’amour aux perspectives un peu idéalistes de l’existence. Voici quelques morceaux vraiment réussis d’hier à aujourd’hui.

« L’autre bout du monde » (2006) : la chanson poétique qui l’a révélée, au texte finalement assez énigmatique, où l’ailleurs est envisagé, comme chez Baudelaire, comme ce lieu fantasmé dans lequel on se retrouve. 

« Fais battre ton tambour » (2011) : l’influence du blues éclate dans cette belle chanson épurée et physiquement incarnée sur l’épreuve de la douleur à dépasser (grâce à la musique ?). 

« Eaux sombres » (2016) : approche harmonieuse qui dit le lien entre les sentiments des individus et le monde dans lequel ils évoluent (« l’amour nous emportera un jour, peut-être ce soir »). 

« Viens avec moi mon vieux pays » (2019) : Dans le prolongement de la précédente, voici une magnifique chanson très subtilement écolo donc politique, bel exemple de ce que peut être un engagement discret en chanson. 

« Renversé » (2021) : « Le compte à rebours a commencé, le monde est comme un sablier… ». On trouve dans cette chanson la même phrase que chez Dominique A (« Rendez-nous la beauté »). 

« Celle qui vit vers le sud » (2021) : reprise sublime d’un titre de Bob Dylan (« Girl from the north country » 1963) adapté aussi par Hugues Aufray (« La fille du nord » 1965). Chez Emily Loizeau, le nord devient le sud, elle garde l’esprit de l’origine et lui donne une nouvelle fraîcheur vivifiante. 

« La route de Vénus » (2024) : très belle chanson au clip énigmatique où s’incrustent sur les formes humaines d’autres formes mouvantes et intrigantes. 

« Si la pluie te mouille » (2026) : dans un album collectif consacré à des reprises de la grande Anne Sylvestre, voici une chanson assez méconnue de cette artiste emblématique de la francophonie.