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Les chansons de Ludovic - Keren Ann

(Re)découvrez l'originalité de la chanson française et francophone !

Je suis professeur de français et j'ai effectué l'essentiel de ma carrière à l'étranger. Je suis actuellement en poste dans le réseau des Écoles européennes. J'ai soutenu une thèse de doctorat consacrée à la chanson.

Pour vous aider à exploiter mes chansons en classe, n'hésitez pas à feuilleter mon article tiré de la revue de l'Association belge des professeurs de français "Vivre le français" : "Classe de FLE : 20 activités pour exploiter une chanson"

Ludovic Gourvennec

Keren Ann trace, dans le champ de la chanson francophone, un sillon personnel et authentique révélant une artiste plutôt discrète mais à la démarche hyper cohérente et affirmée, loin des expositions médiatiques parfois éphémères, et inscrite dans une logique créative durable, stimulante et de grande qualité. D’origine israélo-néerlandaise, elle chante en anglais et en français et semble butiner à de nombreuses sources artistiques, montrant ainsi un éclectisme fertile et foisonnant : bande-son de films, performance, spectacle vivant, opéra, lecture musicale, elle touche à tout et s’épanouit dans les nombreuses collaborations qu’elle expérimente (entre autres avec les BB Brunes, David Byrne, Dionysos, Étienne Daho, le quatuor Debussy...). La chanson reste un domaine où elle aime créer (« J'aime l'architecture de la chanson » explique-t-elle) : elle a produit une dizaine d’albums, elle a reçu le Grand prix de la chanson française de la SACEM et elle a souvent été nommée aux Victoires de la Musique. De plus, on ne peut pas ne pas l’associer à Benjamin Biolay, avec qui, à l’origine, elle a produit le dernier album d’Henri Salvador (Chambre avec vue) dont la chanson « Jardin d’hiver » (qu’elle a écrite avec B. Biolay) est un des morceaux phares (ambiance bossa-nova).

« Jardin d’hiver » (2000 / 2001) : magnifique chanson au texte nostalgique et à la chouette mélodie, ici dans la version de Henri Salvador. On comprend tout à fait pourquoi il a été séduit par ce morceau.

« La disparition » (2002) : chanson idéale et absolument fabuleuse, mélodie parfaite, voix presque effacée mais si là, texte poétique (« le seul mensonge que j’ai oublié d’omettre ») qui s’effrite pour dire la disparition et orchestration splendide pour cette Ophélie moderne qui se noie (ces respirations magnétiques et ce chœur final qui nous disent le paradis et la résurrection ?). Dans les nombreuses formations que j’ai faites autour de l’exploitation de la chanson, j’ai souvent utilisé ce morceau pour définir ce que signifie l’articulation fertile entre paroles, voix et musique – et comment ces deux derniers paramètres peuvent influer sur le sens du texte. 

« Where did you go » (2016) : chanson émouvante (en anglais) sur un album un peu charnière qui coïncide avec la naissance de sa fille Nico (tiens, tiens…) et le décès de son père. 

« Bleu » (2019) : sur l’album entièrement en français Bleue (attention, il y a un « e » en plus par rapport à la chanson) se glisse cette chanson mélancolique où il est question de regard, de conscience et d’imprudence... 

« La musique à fond » (2025) : sur l’album Paris amour, où l’on trouve aussi la belle chanson « La sublime solitude », voici ce beau morceau programmatique, mais mélancolique et doux, qui s’oppose presque dans sa forme au titre. Mais cela constitue une sorte de synthèse de l’univers de Keren Ann.