Le chanteur/rappeur parisien, Georgio, la bonne trentaine en 2026 (il vient de passer l’âge du Christ, son angoisse dans la chanson « Fleurs ») et déjà quelques titres (et albums) à son actif (au fil de collaborations également fertiles avec, par exemple, Vald, Vakra ou Lomepal), a quelque chose de singulier, à la jonction des genres et des styles, sous importante influence rap (souvent les couplets) mais avec une large ouverture vers la chanson (souvent dans les refrains) et vers le rock (dans les arrangements). Ses textes montrent quelqu’un d’honnête qui n’hésite pas à parler librement de ses névroses (voir le titre « La musique pour soigner mes maux » 2025) et qui cherche à questionner le monde d’aujourd’hui et ses problématiques complexes, en abordant justement cette complexité sans complaisance. Ses concerts le confirment : on passe d’une ambiance à une autre sans rupture apparente, la cohérence restant le maître mot (comme à Saint-Malo en 2026). Georgio apparaît vraiment comme un artiste sincère et qui peut remplir de très grandes salles de 10 000 personnes et venir jouer dans des structures beaucoup plus modestes avec la même énergie, cette liberté semblant être pour lui une condition fondamentale pour exercer son art et aller à la rencontre des gens.
« Héra » (2016) : gros choc à la première écoute, plein de rage et de dynamisme, avec des arrangements presque rock.

