Les chansons de Ludovic Gourvennec

 

Septembre - Semaine 4 : 

Dans cette production de chanson française extrêmement fertile, où trois mois de laisser-aller dans le suivi peuvent vous donner l’impression de vous sentir largué.e, tout va très/trop vite. Du côté des auditeurs, bien sûr, mais du côté des artistes aussi. Lorsqu’on est un chanteur ou une chanteuse connu.e, ok, les albums passés, l’expérience, les contacts divers et notamment promotionnels, aident bien à diffuser la nouvelle production. Mais lorsqu’on débute, qu’on sort de nulle part, comment faire pour accéder à la lumière, ou à un minimum d’exposition ? Bien sûr, aujourd’hui, les réseaux sociaux peuvent constituer un vecteur non négligeable, mais ils ne sont pas suffisants et les maisons de disques ont encore un vrai rôle à jouer – ce dont je me réjouis car, en règle générale, ces structures englobantes peuvent avoir une réelle influence, notamment quand il s’agit de promouvoir des artistes qui sortent de l’ordinaire ou de la norme.

J’attire votre attention cette semaine sur un chanteur (pas encore très connu), Philippe Campion, qui m’a tapé dans l’oreille il y a quelque temps et que je trouve intéressant. Produit par l’excellente maison d’édition Tôt Ou Tard, qui a souvent le nez creux et qui peut revendiquer une belle qualité chanson française souvent un peu à la marge des médias (Thomas Fersen, Vincent Delerm, Albin de la Simone, Dick Annegarn, Jeanne Cherhal, Noé Preszow, Vianney, Yael Naïm…). Ils ont donc produit en 2022 cet album « Eternel été », qui constitue un objet musical hyper original, dans son mélange assez intemporel de modernité imprégnée de références anciennes, où l’on sent une grande sensibilité et où les ruptures sentimentales, la nostalgie et la mélancolie prennent une grande place. Le piano étant central et les arrangements symphoniques dominants, on découvre de ce fait au XXIe siècle un artiste, à la très belle voix, qui – pour faire vite – pourrait avoir créé au XXème et semble ainsi balayer un spectre qui va de Michel Legrand (les mélodies fluctuantes et les comédies musicales géniales) au Québécois Pierre Lapointe. J’insiste sur l’ambiance musicale mais les textes sont également très bien écrits.

« Ces années-là » (2022) : chanson de la noyade (voir l’issue du clip) et de la nostalgie de la fin du couple et du souvenir qui reste, piano dominant, scansion intéressante, orchestration symphonique qui renforce la force du morceau :

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« Je pars mais je reste » (2022) : ambiance plus funk, pour cette chanson au titre/texte très étrange (un sens à construire par l’auditeur – donc vous) – « Je pars mais je reste, ils étaient beaux nos rêves mais elles sont belles nos vies aussi » :

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« Je t’aimerai quand même » (2022) : chanson de la détresse liée à la séparation, entre bonheur de ce qui a été vécu et tristesse de ce qui n’est plus, malgré la volonté de garder l’espoir (« Tant que tu me manqueras, ma vie aura toujours un sens ») : 

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