La chanson française et francophone a un côté vraiment incroyable : si on arrête de l’écouter pendant trois mois, on peut être largué rapidement, tant le rythme de la production et l’émergence de nouvelles têtes est intense. Ainsi, dans le sillage des Solann, Héléna, Miki ou Yoa, voici désormais Marguerite, belle fleur éclose, comme d’autres, de la Star Academy ("Même moi, je regardais un peu de haut ce programme. Quand je l'ai fait, je me suis rendu compte que c'était bien plus qu'un simple télé-crochet et ce qu'il m'a apporté m'a fait comprendre énormément de choses" dit-elle d’ailleurs à son sujet). Elle trace sa route personnelle, via un premier EP, intitulé Grandir, ce qui dit sans doute bien l’état de passage dans lequel elle se trouve. Il y a chez cette jeune artiste (qui met aussi un pied dans le cinéma) une spontanéité rafraîchissante et une volonté de dire sincèrement les choses, notamment dans le morceau phare de l’album, premier extrait ci-dessous.
« Les filles les meufs » (2025) : chanson vraiment chouette (pour tout dire une vraie révélation de 2025) à l’ancrage socioculturel très fort, très réussie, qui proclame haut et fort, mais sans provocation ou esprit de défi, le fait qu’une fille puisse en aimer une autre et qu’elle puisse se sentir davantage en sécurité avec une fille. La posture n’est pas à l’affrontement avec la société ou avec les hommes (qu’elle essaie même de comprendre) mais Marguerite explicite simplement des choses basiques que les filles ressentent en général face à une certaine violence du contexte patriarcal, ce qui a fait de ce titre un emblème des luttes queer.

