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Les chansons de Ludovic - Stephan Eicher

(Re)découvrez l'originalité de la chanson française et francophone !

Ludovic Gourvennec

Ludovic Gourvennec est professeur de français langue maternelle, seconde et étrangère, formateur et conseiller pédagogique. Titulaire d’une thèse de doctorat consacrée à l’utilisation de la chanson en classe et publiée chez Hachette (Paroles et musiques, le français par la chanson), il adore cette chanson d’hier et d’aujourd’hui, en parler, en jouer, la faire vivre en classe, la faire découvrir dans le monde, cette chanson diverse qu’on écoute, qu’on reprend, qu’on découvre et qu’on partage en héritage.

Ludovic Gourvennec

Stephan Eicher, Suisse plurilingue et artiste touche-à-tout, a débarqué dans la chanson francophone avec son charmant accent inégalable aux alentours de 1985, ce qui fait un sacré laps de temps qu’on le connait et qu’on l’écoute. Son premier tube a été « Combien de temps » (1987). Une de ses spécificités (assez rare dans le champ de la chanson) est sa collaboration constante et fidèle avec l’écrivain Philippe Djian (37.2 le matin) qui a signé un nombre très important des textes de ses chansons, avec une veine poétique et très particulière. Mais il a aussi multiplié les collaborations avec des artistes comme Patricia Kaas, les corses d’I Muvrini, Sophie Hunger ou Adamo. Autre aspect notable : il a continué à créer des chansons originales, sans se reposer sur les lauriers de ses succès, et en maintenant un niveau d’exigence important.

J’ai vu Stephan Eicher en concert en janvier 2024 au Cirque Royal de Bruxelles et c’était un très beau moment, avec une scène plutôt intimiste. Accompagné d’un pianiste, d’un bassiste et d’une harpiste (oui !), il a interprété plusieurs chansons moins connues et la plupart de ses grands succès. On sent chez lui l’énergie toujours intacte et une indéniable sympathie teintée d’humour

« Déjeuner en paix » (1991) : LE gros tube du début des années 90, super mérité tant l’articulation du texte (« Est-ce que tout va si mal ? Est-ce que rien ne va bien ? L’homme est un animal, me dit-elle ») et de la musique (ah ! les cordes puis l’électrique !) est efficace. 

« Pas d’ami comme toi » (1991) : après cette entrée reconnaissable à la guitare électrique, texte subtil qui joue sur l’ambiguïté entre amitié (le titre) et amour (le texte), avec des chœurs très années 90.

« Tu ne me dois rien » (1991) : la séparation dans un couple formulée dans le texte avec tout l’art et la finesse de Djian, et dans la mise en musique délicate, si bien que cette chanson magnifique touche à l’universel. 

« Des hauts et des bas » (1995) : chanson plutôt sombre, où il est beaucoup question de dépression, voire plus (à l’image de la mise en musique et de l’orchestration).

« Rendez-vous » (2007) : très belle chanson, avec « le vent sur le chemin », de l’album Eldorado

« Si tu veux (que je chante) » (2019) : magnifique chanson sur la créativité en lien avec l’amour, dans laquelle Stephan Eicher, barbichette de mousquetaire en avant, joue de sa voix en douceur. On découvre avec étonnement au début du clip Philippe Djian, parolier disant les premiers mots du texte.

« Poussière d’or » (2025) : la création continue, et c’est tant mieux !