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Les chansons de Ludovic - Solann

(Re)découvrez l'originalité de la chanson française et francophone !

Ludovic Gourvennec

Ludovic Gourvennec est professeur de français langue maternelle, seconde et étrangère, formateur et conseiller pédagogique. Titulaire d’une thèse de doctorat consacrée à l’utilisation de la chanson en classe et publiée chez Hachette (Paroles et musiques, le français par la chanson), il adore cette chanson d’hier et d’aujourd’hui, en parler, en jouer, la faire vivre en classe, la faire découvrir dans le monde, cette chanson diverse qu’on écoute, qu’on reprend, qu’on découvre et qu’on partage en héritage.

Ludovic Gourvennec

Solann n’a que 25 ans mais elle est capable de dire, dans une interview sur France Inter, qu’elle adore Anne Sylvestre ! On peut lui souhaiter de réaliser une carrière aussi brillante que cette belle artiste décédée en 2020 et d’écrire des chansons aussi marquantes et féministes. Elle n’en est qu’à ses débuts, parallèlement à son amie Zaho de Sagazan, mais ses premiers pas sont vraiment prometteurs avec son premier album de 2025 (EP en 2024), au titre pétri d’oxymore, Si on sombre, ce sera beau. Ce principe du contraste est en fait ancré dans ses chansons où les textes (qu’elle écrit elle-même) parfois durs entrent en écho avec la douceur de voix (d’ailleurs un peu comme chez Anne Sylvestre). Son visage apaisé de déesse antique cache une détermination d’Antigone moderne. Son prix de Révélation féminine aux Victoires de la Musique 2025 était vraiment mérité. Et, à l’instar de beaucoup de nouveaux et nouvelles artistes, elle s’est adonnée à l’art de la reprise. 

« Rome » (2025) : chanson impressionnante qui exprime magistralement le ressenti féminin face aux agressions machistes. Le rythme et la mélodie des couplets, emplis de douceur, contrastent avec le cri du refrain aux références mythologiques très pertinentes et aux passages plus électro. On sent dans cette chanson une forme de puissance apaisée, un cri maîtrisé, en somme une maturité remarquable. 

Live aux Victoires : 

« Les ogres » (2025) : mélodie aux intonations presque orientales pour cette chanson assez noire, critique et pessimiste (« Rien ne va depuis que les hommes ont mangé le monde »), avec un clip dans lequel abonde l’orgie de nourriture comme une métaphore des excès de la société (patriarcale). 

« Fondre » (2024) : en marge des enregistrements de l’émission Taratata, petite pause acoustique au ukulélé pour cette très belle chanson douce. 

« La bonne étoile » (2025) : belle reprise avec M de sa chanson de 2003.

« Couleur menthe à l’eau » (2025) : autre reprise, devant monsieur Eddy Mitchell, son auteur et interprète, de ce standard de la chanson française (1980) qui a traversé les époques.

« La bohème » (2024) : Solann reprend ce standard de Charles Aznavour (1965) en compagnie de l’excellent artiste Waxx, dans l’émission « Fanzine » animée par ce dernier.