Juniore a un nom presque d’enfant mais produit une œuvre très mature. Né en 2013 autour de la chanteuse Anna Jean (qui est la fille du grand écrivain français J.M.G Le Clézio), le groupe – Juniore avec un « e » - (à dominante féminine, ce qui n’est pas si fréquent dans la scène hexagonale) s’est développé peu à peu, élaborant un style assez particulier car partagé entre des influences anciennes (les années 60) et une certaine modernité, presque rock. Beaucoup de leurs morceaux commencent d’ailleurs par une rythmique/scansion basse ou guitare électrique, qui donne le tempo général. Si l’on ajoute le timbre de voix d’Anna, qui rappelle à la fois Françoise Hardy et Clara Luciani, on aboutit à cette synthèse stylistique assez intemporelle, mais unique dans son éclectisme (qui me fait parfois penser aussi au groupe La femme).
« Je fais le mort » (2016) : c’est la chanson magnifique par laquelle j’ai découvert le groupe et je ne me lasse pas de l’écouter, texte assez étrange dans le fond, mélodie lancinante, voix suave, variation habile dans le rythme général, une vraie réussite !

