Nicolas Peyrac est un grand chanteur français (également romancier), souvent identifié mais pas forcément si reconnu que cela, qui a pourtant été un artiste important dans les années 70-90 sans bénéficier pour autant, à l’échelle du temps, d’une reconnaissance qu’il aurait méritée vu son talent. Sans doute n’a-t-il toutefois pas voulu céder aux sirènes de la notoriété et des médias, mais son œuvre mérite toute l’attention. Un temps auteur pour d’autres artistes, il a vite composé ses propres morceaux : textes très bien écrits, dans la lignée des dinosaures de la francophonie qui l’ont précédé, mélodies toujours enchantantes, ambiances souvent acoustiques : ses chansons captivent et certaines ont constitué en leur temps des tubes beaucoup écoutés, mais pas à l’échelle des Claude François, Michel Sardou ou Michel Delpech. C’est comme si sa vie l’avait conduit à privilégier les choses essentielles plutôt que le superficiel et il a ainsi été amené, à une époque, à s’éloigner des préoccupations commerciales pour rejoindre des contrées plus lointaines (Canada). Mais il est toujours également resté attaché à la Bretagne. Il n’en reste pas moins que Nicolas Peyrac a été et constitue (il continue à faire des concerts) une valeur sûre de notre chanson française.
« Et mon père » (1975) : c’est sans doute sa chanson la plus célèbre, comme un morceau à distance composé au milieu des années 70 pour parler des grandes figures des années 50 et 60 (Juliette Gréco, Jacques Brel, Gilbert Bécaud, la rive gauche des intellectuels avec Jean-Paul Sartre…), et surtout de la façon dont il fallait procéder pour parvenir au succès (les cabarets écumés, la persévérance), tout en y mêlant la problématique de sa propre famille.

